Retour aux projets

Fondatrice & Conceptrice

MonJeton

Ton compagnon financier, conçu pour les réalités africaines — tu lui parles, il bâtit le plan.

FintechAIPersonal FinanceAfrica
MonJeton

Contexte

Les applis de finances personnelles ne fonctionnent pas vraiment au Cameroun. Pas les solutions globales, en tout cas. Elles te demandent des catégories, des comptes, des devises — sans jamais te dire pourquoi. Elles affichent des graphiques qui ne disent pas quoi faire. Elles utilisent un vocabulaire importé d'un autre continent. La plupart des gens lâchent au bout de deux semaines.

Mais le besoin est réel. Épargner, ventiler ses revenus entre plusieurs comptes, tenir un budget sur 30 jours — ce sont des compétences que les gens veulent acquérir. La friction n'est pas dans la motivation. Elle est dans le fait qu'aucun outil n'a été conçu pour ici.

Le défi

Construire un compagnon financier qui comprend le contexte africain dès le départ :

  • Les rails locaux : Orange Money, MTN MoMo, Ecobank, UBA, Njangi, Afriland, Camtel — pas juste les cartes bancaires.
  • La langue locale : pas "localisée" — écrite dans le français (et l'anglais) naturel que les gens utilisent vraiment pour parler argent au Cameroun.
  • Les rythmes locaux : des salaires qui arrivent en retard, des revenus annexes irréguliers, les cotisations familiales. Les maths doivent s'adapter.
  • La confiance locale : confidentialité par défaut. Rien de partagé, rien d'exposé, pas de collecte surprise.

Et — non négociable — ça devait donner l'impression de parler à un ami, pas de remplir un formulaire fiscal.

L'approche

MonJeton repose sur trois piliers :

1. Le langage naturel en entrée. Tu écris « j'ai reçu 80k de salaire et payé 12k d'OM pour les courses » et l'IA en extrait montant, compte, catégorie. Tu confirmes en un tap. Pas de formulaire.

2. Un parcours, pas une cocotte-minute. Un programme sur 30 jours : mois 1 observer, mois 2 budgétiser avant de dépenser, mois 3+ ajuster. Les objectifs s'adaptent quand la vie s'adapte. Les badges renforcent la régularité sans culpabiliser.

3. Une lecture qualitative, pas des dashboards. La première chose que MonJeton te dit, c'est ce que ta situation signifie — points forts, zones d'attention, gap à combler. Les chiffres viennent ensuite.

L'utilisateur choisit sa règle de budget (50/30/20, 70/20/10, ou personnalisée), MonJeton explique les compromis, puis adapte chaque prompt de coaching à cette règle.

Les résultats

MonJeton est en ligne. Le bilan gratuit tourne de bout en bout — sans carte, sans engagement — et la conversation construit ton plan du premier mois en quelques minutes, pas en quelques heures.

Ce qu'on a validé :

  • Les gens restent engagés quand l'outil répond au lieu d'exiger.
  • Les intégrations local-first lèvent la friction qui a tué toutes les tentatives précédentes.
  • Un diagnostic qualitatif (« voilà où tu es solide, voilà où tu es vulnérable ») débloque le changement de comportement — pas un énième camembert.

Apprentissages

La technologie n'est pas le produit. L'empathie l'est.

Nous avons construit MonJeton sur l'hypothèse que les personnes qui ont le plus besoin d'outils de budget sont précisément celles que les applications existantes insultent en ignorant leur réalité. Le pari : si on enlève le décalage culturel — les noms des opérateurs de mobile money, le rythme des cotisations de njangi, la façon dont les Camerounais décrivent réellement une transaction — le reste suit.

Et c'est ce qui se passe.